Rapport PNUE 2011: pour une croissance verte

Le 21 février dernier, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a publié son dernier rapport issu de son Conseil d’administration qui se tient actuellement à Nairobi, au Kenya. Ce rapport est d’autant plus important qu’il se situe à un an du Sommet de Rio 2012. Le PNUE s’attelle à la notion de croissance verte et la propose comme solution de développement pour le monde de demain. Il veut aller au delà des traditionnels clivages développement/environnement, Etat/marché et Nord/ Sud pour entamer une transformation de l’économie. Ambitieux.

Selon le PNUE la croissance verte entraîne “une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie des ressources.” Pour ce faire, il y a une dizaine de secteurs qu’il faut transformer  afin de réduire leur empreinte carbone. On retient par exemple les transports, les déchets, l’agriculture, la construction, etc. La moitié du budget prévu irait aux secteurs de l’efficacité énergétique  et des énergies renouvelables. Le PNUE estime que d’ici 2050, la demande en énergie alternative pourrait représenter 30% de la demande mondiale en énergie primaire.

Cette forme de croissance représente une réelle opportunité face aux enjeux environnementaux actuels. De plus, elle s’inscrit véritablement dans le développement durable en réequilibrant les trois fondements que sont l’économique, le social et l’environnemental. Par ailleurs, cette croissance verte serait plutôt bénéfique pour l’emploi. Certes, certains secteurs comme la pêche serait touché dans un premier temps afin de permettre la remise à niveau des stocks de poissons mais, dans l’ensemble de nombreux emplois à plus forte valeur ajoutée serait crées. Puis, il ne s’agit pas de lâcher les pêcheurs mis au chômage technique mais de les aider à se reconvertir. Le PNUE estime que d’ici à 2050, les stocks auront à nouveau significativement augmenté et la pêche pourra donc retrouver ses chiffres d’avant.

Pour réaliser ces objectifs, le PNUE estime qu’il faut consacrer 2% du PIB mondial par an. Il estime que ce modèle est très avantageux car les bénéfices réalisés seront beaucoup plus important que les sommes investies. En effet, il prévoit une baisse des dépenses de santé, une amélioration des conditions de vie, une baisse de la pauvreté. Agir en faveur d’une meilleure gestion des ressources naturelles offrent de nombreuses opportunités aux populations très pauvres, qui le plus souvent vivent en milieux ruraux et dépendent directement de ces ressources.

Pour réaliser ce financement, le PNUE compte sur le secteur privé (finance et secteur de l’investissement). Un pas en avant a été effectué lors de la conférence de Cancun qui a élaboré le Fonds Vert. Puis, il compte aussi sur le secteur public en insistant sur le fait que l’argent est présent mais mal employé. Ainsi, il suffirait d’utiliser les subventions à la pêche, aux carburants fossiles et à l’agriculture. Reste que c’est plus facile à dire qu’à faire, surtout connaissant le poids de ces secteurs en termes de lobbies et d’électorat notamment.

Il s’agit donc encore de convaincre les gouvernements car ce sont eux qui ont une partie du financement entre leurs mains et  qui pourront mettre en place des politiques publiques favorisant cette croissance verte.

ENQUETE:

 

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